Chapitre o1
Elle n'avait pas changer. Elle portait la veste verte pomme que je lui avait offerte avant mon départ pour les Maldives. Sa frange était toujours aussi longue qu'il y a un mois mais ça ne m'empêchait pas de voir le bleu de ses yeux. Assise sur un des sièges de l'aéroport, elle tentait de remettre en place le piercing à l'arcade que ses parents lui avaient payé pour ses quinze ans. Aux pieds, elle portait ses converses noirs qui avaient survécues à bien des epreuves. Elles étaient trouées de tous les côtés mais Gabrielle refusait catégoriquement de les jeter. Une fille lui passa devant , et elle ne put s'empêcher de la reluquer. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Elle n'avait vraiment pas changer. Je sortit de ma poche une petite glace. Je détacha mes cheveux blonds , passa la main dans ma mèche afin de la remettre en place et m'apliqua une fine couche de gloss sur les lèvres. Mon crayon noir avait coulé. J'avais un tête abominable. Le départ , l'avion tout cela ne m'avait pas vraiment arrangé. Mais je savais que Gabrielle se fichait éperdument de l'état dans lequel j'allais arriver.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Je m'appelle Yumina Eneraul. J'aime les garçons mais aussi les filles. Ne me parlez pas de l'avenir parce que j'en ai extrêmement peur. J'ai seize ans depuis bientôt six mois. Je fais partie de ces personnes qui ont des parents très protecteurs mais assez fous pour me laissez partir aux Maldives pendant plus d'un mois , chez une femme dont l'identité leur est completement inconnue. Cette fille qui m'attend à l'aéroport , n'est autre que Gabrielle, ma petite copine.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Gabrielle n'est pas de nature excitée. Je ne fus donc pas surprise de ne pas la voir sauter de joie en m'apercevant. Elle avancait lentement dans ma direction. Quand elle fut arrivée à ma hauteur, je vis ses lèvres se décoller et je pus apercevoir ses dents qui étaient d'une blancheur incroyable. J'avais donc droit à un sourire. Elle prit une de mes mains, celle qui n'était pas accrochée à mon énorme valise. J'eus l'impression de revenir un mois en arrière , lorsqu'elle m'avait dit aurevoir dans ce même aéroport , qu'elle avait deposé sa bouche sur la mienne , et qu'elle m'avait donné la main. Cette main qui avait tant de fois parcouru les endroits les plus discrets de mon corps. Un petit garçon, visiblement plus excité de retrouver ses proches que Gabrielle l'était pour moi, me bouscula et je perdis le contact de sa peau. On prit le train. Le trajet passa extrêment vite. J'avais acheté des biscuits , et nous nous remplissions le ventre tout en prenant des photos. L'une d'entre elles était particulièrement belle. J'étais allongée sur les sièges et Gabrielle se trouvait au dessus de moi et avait plongé son regard dans le mien. Elle tendait ses lèvres , comme si elle attendait que je l'embrasse. Au fond, on pouvait apercevoir un grand père visiblement choqué par la scène qui se déroulait sous ses yeux. "Les jeunes d'aujourd'hui n'ont aucune tenue" avait-il marmonné dans sa barbe. Nous ne nous étions toujours pas embrassées. A l'heure d'aujourd'hui nous avions plus l'air de deux bonne copines , que de deux filles eperdument amoureuses l'une de l'autre. Gabrielle est extrêment lunatique. Je n'ai jamais beaucoup aimé ce trait de sa personalité. Assise sur la chaise de mon bureau , elle admirait le bracelet violet qui entourait son poignet. Elle ne disait mot. Un bazar monstre s'étendait sur le sol. Petites culottes , tee-shirt , ceinture , papiers , tout le contenu de ma valise se trouvait amassé devant mes yeux. Je ne portais qu'un large débardeur et un bandeau noir autour de ma tête. Je savais bien que si Gabrielle l'aurait vraiment voulu elle m'aurait embrassée depuis longtemps , et ce foutu débardeur trop grand pour moi se trouverait avec mes affaires , roulé en boule sur mon parquet. Mais aujourd'hui elle en avait décidé autrement. Ce n'était pas la Gabrielle effrontée que je connaissais. Ce n'était pas celle qui me disait "Je t'aime mon Amour" devant ses parents. Ni celle qui me lançait des défis plus sordides les uns que les autres. Ses yeux s'étaient reduits a de minuscules traits , ce qui montrait qu'elle n'avait pas dormi depuis plusieurs jours. Ses mains parsemées de brûlures , tremblantes, hésitaient à m'enlacer. Son regard n'avait rien de direct.
- Je ne sais plus où j'en suis Yumina.J'avais levé la tête, suprise par ses paroles. Gaby quand à elle continuait de fixer le sol. Une larme s'échappa de son oeil droit. Elle ne versait qu'une seule larme moi j'en versais des tonnes. Je n'arrivais pas à prononcer un seul mot. Ma bouche était fermée a double tour , et mes lèvres étaient comme collées entre elles. Je n'eut pas le droit à nos cris habituelles, ni à ses pleurs perpetuels. Elle s'était levée. Elle me chuchotait des mots. L'arrête de son nez se posa sur mon genou. J'aurais voulu l'embrasser , lui dire que je l'aimais. Mais je savais qu'elle considererait cela comme un moyen de pression sur elle. Un moyen de pression pour la faire revenir vers moi. Ses mains posées sur le bas de mon dos , ne tremblaient plus.
- Tu es si fragile mon Amour - Je ne suis pas fragile , Gaby. - Tout ce qui est beau , est fragile.------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Soyez indulgents c'est ma première.
Je vous embrasse les ami(e)s.
Vous aurez la suite Vendredi =)
J'ai la pression.